Journal de route Janvier 2019

17 Mai, 2019
Provenance: Eucharistic Crusade

9 janvier 2019

En ce jour, l’abbé Gregor Imholz débute son nouvel apostolat à Wil, où il vient prêter main forte à nos confrères dans le ministère. L’abbé Gregor Imholz est né le 24 juin 1961. C’est en 1992 qu’il a reçu l’ordination sacerdotale à Mariastein dans le canton de Soleure. Il a ensuite exercé son ministère dans plusieurs cantons : le Jura, les cantons de Schwyz et des Grisons. Tout au long de ces années, il a accumulé une riche expérience. Il est bien, à ma connaissance, la seule personne qui parle couramment les quatre langues nationales. Nous lui souhaitons une cordiale bienvenue dans notre district.

10 au 14 janvier 2019

La vie chrétienne et le service de Dieu ont leur lot de joies et de peines. Il en est de même pour les prêtres et les frères de notre Fraternité. C’est au travers des croix permises par le bon Dieu que l’apostolat peut porter de beaux fruits. Les joies que Dieu a promises déjà pour cette terre apportent de riches consolations. A l’occasion de la visite canonique du prieuré de Sierre, les confrères me donnent la possibilité de partager leurs joies et leurs peines et il faut avouer que c’est toujours bon pour un supérieur de les connaître.

Au cours de ma visite, j’ai la joie de pouvoir donner une conférence à notre école « Fleurs de Mai ». Les trois thèmes abordés sont la persévérance de nos jeunes dans la foi, l’harmonie des couples et la paternité. Si les enfants de nos écoles n’avaient en cours que la moitié de l’attention que les parents ont prêtée à mes considérations, alors les instituteurs n’auraient même plus besoin de se réjouir du ciel, ils auraient déjà trouvé leur paradis sur terre.

26 janvier 2019

Pour manifester notre gratitude envers tous les fidèles collaborateurs de nos centres de messe d’Oensingen, de Bâle et de Rickenbach, nous les invitons au traditionnel repas des bienfaiteurs à Oensingen. Avant le repas festif, Mme Sandra Fluri, une de nos fidèles d’Oensingen, originaire de Mümliswil, nous présente une intéressante conférence à l’occasion de la publication en automne dernier de son livre intitulé « Charité vécue : mon travail auprès des malades incurables dans les soins palliatifs ». Elle y décrit son expérience d’infirmière à Zurich, au long de plusieurs années de soins en Suisse et en Inde. Elle aborde la pauvreté qui règne en Inde, mais aussi la pauvreté de notre époque : avoir tout à disposition et cependant ne rien posséder. 

28 janvier 2019

C’est notre journée de retrouvailles de tous les prêtres et frères du district à Oensingen. Voici le protocole qu’en a dressé l’abbé Philippe Lovey :

« A 10h45, messe solennelle célébrée par notre nouveau Supérieur général entouré comme diacre et sous-diacre des abbés Otto Huwiler et Claude Pellouchoud, du Bruder Franz qui officie comme cérémoniaire, du frère Maurice comme thuriféraire et des frères Michael‐Marie et Antoine‐Marie comme acolytes. L’abbé Davide Pagliarani nous gratifie d’un beau sermon sur la charité, l’unité dans notre chère Fraternité. S’en suit un joyeux, copieux et, qui plus est, délicieux repas préparé par les sœurs oblates du prieuré de Rickenbach, et fort apprécié des 40 convives. Elles reçoivent une salve d’applaudissements en fin de repas pour leur dévouement.

Au cours de l’après-midi, avec une ponctualité toute de suissitude, notre supérieur général débute sa conférence à 14h30 et nous entretient pendant pratiquement une heure sur les sujets actuels. »

1er février 2019

Funérailles de M. Martin Carron à Ecône. La messe d’enterrement est célébrée par son propre fils, l’abbé Bernard Carron, tandis que le rôle de cérémoniaire est assuré par son petit-fils, l’abbé Patrick Abbet, professeur au séminaire de Dillwyn, aux Etats-Unis.

Le défunt qui avait atteint un âge avancé fut jadis l’un des piliers de la tradition en Valais.

Célèbre pour ses talents musicaux, M. Carron était un compositeur de musiques de cuivre très apprécié. Son œuvre musicale demeure une référence dans de nombreux cercles valaisans.

C’est le mardi 29 janvier qu’il a rendu son âme à Dieu en présence de sa famille et muni des sacrements de l’Eglise. Qu’il repose en paix !

4 au 19 février 2019

C’est au Chapitre général de 2018 qu’a débuté mon grand voyage en Amérique. A cette occasion, l’abbé Jürgen Wegner, supérieur du district d’Amérique, l’abbé Jorge Amozurrutia, supérieur du district du Mexique, et l’abbé Lawrence Novak, supérieur de la Maison autonome d’Amérique centrale et des Caraïbes m’avaient invité à visiter leurs territoires respectifs.

Que de contrastes en un peu plus de deux semaines : de la tempête de neige par un froid glacial au soleil radieux accompagné de températures tropicales, d’équipements administratifs ultramodernes à une chapelle improvisée dans un pauvre village, et cela par des températures allant de - 25° à + 30° C ! Un nouveau monde, non, le Nouveau Monde s’ouvre à moi.

Etats-Unis

Après un vol de 15 heures et demie, j’atterris enfin à Rochester. Cela pourrait être angoissant d’entrer pour la première fois dans un pays complètement étranger. Mais comme prêtre de la Fraternité, lorsqu’on se fait accueillir par un cher confrère à l’aéroport, on se sent immédiatement à la maison. C’est alors que l’on ressent combien toute la Fraternité est une grande famille. On me conduit de Rochester à Winona pour prendre part à la réunion des prieurs qui se déroule dans l’ancien séminaire. Lorsque le séminaire a déménagé à Dillwyn, Winona est devenu un prieuré ainsi que le noviciat des frères. J’ai l’occasion de faire la connaissance de mes confrères américains et de profiter de quelques intéressantes conférences.

Après quatre jours, mon voyage se poursuit par un trajet de deux heures et demie – court à l’échelle américaine – en direction de Saint Paul et de Minneapolis. Ces deux grandes cités adjacentes ne sont séparées que par le Mississippi, le plus long fleuve d’Amérique. Nous sommes dans le Minnesota, l’un des Etats les plus froids des Etats-Unis. Une tempête de neige souffle sur le pays et le thermomètre chute à - 25° C.

A cette température, le sel n’est plus en mesure de faire fondre la glace sur les routes. Les Américains parlent alors de « black ice » parce que la glace prend la couleur noire du goudron et rend la conduite très dangereuse. Dans cet Etat et par ces températures hivernales, le passe-temps favori des habitants est le « ice-fishing », la pêche sur la glace. On se rend sur le lac gelé en voiture, on monte une tente et on perce un trou dans la glace pour attraper le poisson. Comme les Américains ont le sens de l’organisation, ils emportent aussi un petit chauffage à gaz pour maintenir une température agréable sous la tente.

L’abbé Daniel Dailey, qui s’occupe du centre de messes de Saint Paul, me fait visiter son église qui est située à 45 minutes de voiture de l’école. La communauté compte 350 fidèles qui assistent aux deux messes dominicales et l’école abrite un nombre imposant de 80 élèves. Un tel centre de messes serait érigé au rang de prieuré en Suisse. Le prêtre ne vient à Saint Paul que le week-end. Le lundi, il célèbre la messe à l’école, enseigne et exerce les fonctions de directeur. L’école me fait une très bonne impression. Le week-end suivant, l’abbé Wegner, supérieur du district, m’emmène à St. Mary’s. Le bâtiment est un ancien collège jésuite. Un ancien monument rappelle que le premier soldat américain tué lors de la Première Guerre mondiale est issu de ce collège.

Avec ses 4’000 fidèles, la communauté de St. Mary’s est considérée comme l’œuvre la plus importante de la Fraternité. St. Mary’s à elle seule compte davantage de fidèles que tout le district de Suisse. Entre 800 et 900 élèves fréquentent l’école. Tandis que dans nos écoles suisses, deux années primaires sont généralement réunies dans la même classe, ici, chaque année primaire est divisée en quatre classes différentes : par exemple, la première année primaire est divisée en deux groupes de garçons et deux de filles.

Dans le district d’Amérique, la moitié des fidèles sont âgés de moins de 21 ans. Il n’est donc pas étonnant qu’en 2018, il y ait eu 121 baptêmes à St. Mary’s et seulement 7 enterrements. En nombre de fidèles, ce district a probablement dépassé la France et doit être devenu depuis peu le numéro un de la Fraternité.

De nombreux fidèles se sont installés à St. Mary’s. Ils ont désormais une influence aussi sur le plan politique. Lors de la dernière élection par exemple, ils ont choisi un fidèle de leurs propres rangs pour maire. C’est ainsi qu’aujourd’hui le président de cette commune de 5’000 habitants est le frère du recteur de notre établissement.

Le dimanche matin, il m’arrive quelque chose d’absolument nouveau : je suis réveillé par un sermon ! (malheureusement, c’est souvent le contraire qui se produit : les fidèles s’endorment pendant le sermon…) Comme ma chambre jouxte immédiatement la chapelle, c’est la prédication de l’abbé Dwight Todd Anderson que j’entends. Il est 6h10. Près de 250 fidèles assistent à la messe dominicale et ont droit à l’annonce de la parole de Dieu. D’autres messes suivent. La messe principale doit être célébrée dans la salle de gymnastique, car l’actuelle chapelle est devenue trop exiguë. Mais les plans pour la construction d’une nouvelle église sont déjà là. Cette splendide maison de Dieu pourra accueillir 1’500 fidèles.

Ma dernière étape aux Etats-Unis me conduit au siège du district à Kansas City. Etant donné que les Etats-Unis sont vastes et peu peuplés, le siège du district peut s’y tailler une bonne part de gâteau. 

Si l’on veut faire le tour des 50 hectares de la propriété, il faut bien compter trois quarts d’heure. Dans le village voisin, le district est propriétaire d’une ancienne banque où plusieurs employés consacrés aux services fiscaux et juridiques, apportent une aide précieuse aux prêtres de la Fraternité.

Un chaleureux merci à l’abbé Wegner de m’avoir consacré tout ce temps pour ce magnifique tour d’horizon sur le développement du grand district des Etats-Unis.

La suite de mes pérégrinations outre-Atlantique dans un prochain numéro…