La Résurrection - Textes de Mgr Lefebvre

Quelques extraits des sermons de Pâques de Mgr Lefebvre, à Écône

La royauté de Notre-Seigneur

- 14 avril 1974 -

Cette belle nuit du Samedi saint est une nuit qui relie le Ciel à la terre, qui rap­pelle la royauté de Notre-Seigneur : Alpha et omega, dit le prêtre en fixant les grains d’encens en forme de croix sur le cierge pascal. Alpha et omega : Princi­pium et finis. Notre-Seigneur est le commencement et la fin de toutes choses.

« Ipsi gloria et imperium per universa æternitatis sæcula – A Lui la gloire, à Lui le règne, à Lui la puissance, dans tous les siècles pour l’éternité ». Voilà ce qu’est Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est Lui qui a tout pouvoir, c’est Lui qui est le Créateur, c’est à Lui qu’appartiennent les siècles, c’est à Lui qu’appartient le temps, l’espace. Tout ce qui est créé est entre ses mains.

Et par conséquent nous devons conclure qu’il nous faut accepter ce que le Bon Dieu nous a donné et la charité qu’Il nous a manifestée et la manière dont Il nous l’a manifestée.

Nous devons croire à la charité du Bon Dieu, mais croire à la charité, de la manière dont Il nous l’a manifestée. Il nous l’a manifestée par Notre-Seigneur Jésus-Christ : Per Christum Dominum nostrum. Désormais l’Eglise ne priera plus sans dire : « Per Christum Dominum nostrum – Par le Christ Notre-Sei­gneur ».

Car c’est par Lui que désormais passera toute notre religion. Ainsi l’a voulu la Trinité Sainte. Pour accéder à la Trinité Sainte, il nous faudra passer par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Mais quelle consolation pour nous, quelle joie de penser que Notre-Sei­gneur, que Dieu, s’est fait l’un des nôtres afin d’être plus près de nous, afin de nous manifester davantage son amour et qu’il nous demande de Le suivre. « Ego sum via, veritas et vita – Je suis la voie ». Personne ne peut arriver à mon Père, si ce n’est par moi.

Alors il nous faut suivre Notre-Seigneur Jésus-Christ. Pour arriver au Père, il faut passer par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Pour recevoir l’Esprit-Saint, c’est encore par Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous Le recevrons. Voilà la Vérité. Voilà ce qui est. Nous ne pouvons pas douter ; nous ne pouvons pas hésiter ; nous ne pouvons pas choisir. Nous devons choisir ce que le Bon Dieu a voulu pour nous. Et Il l’a manifesté par sa charité.

Et comment dans la pratique, arriverons-nous à Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans la pratique quotidienne, dans la vie quotidienne, dans la vie de tous les jours ? Eh bien, voyez ce que Notre-Seigneur nous a laissé, les moyens par lesquels Notre-Seigneur entend nous mener à son Père.

Ces moyens sont d’abord le Saint Sacrifice de la messe. Prenez le Missel ro­main et vous verrez que la Sainte Messe est placée précisément à ce moment-là dans la liturgie entre le Samedi saint et le jour de Pâques. C’est là que l’Eglise a cru bon de mettre le Saint Sacrifice de la Messe. Parce que, précisément, le Saint Sacrifice de la messe résume en quelque sorte toute la liturgie de toute l’année. La préparation de la liturgie depuis l’Avent, depuis Noël, depuis l’Épiphanie, et le Carême, nous mène au Sacrifice de Notre-Seigneur et à sa Résurrection. C’est le cœur de la liturgie. Et au cœur de la liturgie, l’Eglise a cru bon de placer la Sainte Messe.

Et puis, ensuite, le résultat de la liturgie, c’est le temps qui suit Pâques et la Pentecôte, le Saint-Esprit qui nous est donné par le Sacrifice de la messe.

Dans la réalité, par conséquent, nous trouverons Notre-Seigneur, nous vi­vrons avec Notre-Seigneur, nous communierons à Notre-Seigneur par le Saint Sacrifice de la messe, qui au cœur de notre sainte liturgie, qui rappelle toute la liturgie ; qui en est la synthèse ; qui en résume à la fois aussi toutes les béné­dictions, toutes les richesses, toutes les grâces. Et c’est pourquoi nous devons tenir tant à la très Sainte messe, au Saint Sacrifice de la messe, qui est vraiment comme la continuation de l’Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa Rédemption ici-bas.

Nous devons choisir

- 10 avril 1977 -

 

Voici que devant cet événement, événement unique dans l’histoire de l’humanité, nous devons choisir : ou nous croyons qu’un homme-Dieu est ressuscité et par conséquent qu’il a manifesté sa divinité, ou nous le refusons.

Mes bien chers frères, nous avons choisi. Nous l’avons dit au cours de cette nuit de Pâques, lorsque nous avons renouvelé les promesses de notre baptême. On nous a demandé :

- Croyez-vous en Notre-Seigneur qui est ressuscité et qui est monté au Ciel ?

- Nous croyons.

Nous avons répété ce que nos parrain et marraine ont dit pour nous, au jour de notre baptême et nous l’avons fat consciemment. Mais avons-nous songé que cette profession de foi que nous avons répétée au cours de cette nuit, nous engage, comme elle nous a engagé au jour de notre baptême et qu’elle a des conséquences très graves, très importantes ?

Car si nous croyons que Notre-Seigneur est Dieu, que c’est vraiment Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Dieu Tout-Puissant, Celui par qui tout a été fait, qui est ressuscité le jour de Pâques, alors nous devons Le suivre, nous devons lui obéir.

Comme l’ont fait les juifs, lorsque les apôtres leur ont rappelé qu’ils avaient crucifié Notre-Seigneur et que les juifs demandaient aux apôtres : Mais alors, que devons-nous faire ? Que devons-nous faire ? Et les apôtres leur ont dit : Vous devez faire pénitence et recevoir le baptême.

Faire pénitence et recevoir le baptême. Eh oui, désormais, plus aucun hom­me, aucune âme sur terre ne pourra être sauvé, ne pourra aller au Ciel, ne pourra atteindre le but pour lequel il a été créé, sans recevoir le baptême catholique.

Eh oui, cela est logique, car il faut que le baptême produise la sainte grâce. Il faut que ce baptême donne la grâce. Qu’est-ce que la grâce ? La grâce n’est pas autre chose que notre participation à la nature de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à sa nature divine. Par le baptême nous devenons participants à la nature de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à sa nature divine. Et nous avons besoin de cette appartenance pour entrer au Ciel.

Nous ne pouvons plus rien faire, sans Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il est le seul intermédiaire. Nous ne pouvons plus accomplir une seule action qui soit méritoire, si nous ne sommes pas avec Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Voilà les conséquences de la Résurrection.

Si vraiment, c’est Dieu qui est ressuscité, les hommes ne peuvent pas être indifférents à la venue de Dieu qui est ressuscité parmi eux et qui leur dit : Vous ne pouvez plus rien faire sans moi.

Le combat spirituel

- 26 mars 1978 -

Voici qu’aujourd’hui, nous fêtons sa Résurrection. Conséquence de la victoire de Notre-Seigneur, nous sommes assurés que nous aurons, nous aussi, un jour, la joie de la résurrection, si toutefois nous suivons Notre-Seigneur ; si nous L’aimons; si nous sommes comme la Vierge Marie, debout au pied de la Croix.
Cette parole que je vais vous citer se trouve dans l’offertoire de Notre-Dame des Sept Douleurs, le jour de la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs :
Dilectus meus candidus et rubicundus Mon Bien-Aimé est blanc et rosé...
Totus spirat amorem : Mon Bien-Aimé, pur et à la fois vermeil par le Sang qui coule, respire tout entier l’amour.
Caput inclinatum : Sa tête inclinée.
Manus expensæ : Ses mains étendues.
Pectus apertum : Son coeur ouvert.

Oui, contemplons Notre Seigneur Jésus-Christ sur sa Croix, comme la Vierge Marie et demandons à Notre-Seigneur de nous donner cet amour.

Mais pour avoir cet amour, il faut nous sacrifier; il faut combattre. Toute la Croix nous le montre. Si nous ne combattons pas; si nous restons passif, si nous nous endormons, alors l’ennemi sera tout puissant et viendra de nouveau s’introduire dans nos âmes.

Et hélas, mes bien chers frères, aujourd’hui c’est le grand drame de l’Eglise. Cette victoire que Notre-Seigneur Jésus-Christ a remportée et qui se manifeste aujourd’hui dans la fête de la Résurrection, cette victoire comporte nécessairement un combat gigantesque contre le monde, contre le démon, contre la mort, contre le péché. Notre-Seigneur a triomphé, mais ce combat continue et toute l’Histoire de l’Église, n’est que l’histoire de ce combat avec des péripéties diverses.
Mais aujourd’hui, n’est-ce pas dans une heure de ténèbres où le démon règne à nouveau , où l’esprit du monde est partout et s’infiltre partout, n’allons-nous pas à la mort ? A la mort éternelle ?
Hélas, dans l’Eglise elle-même, on ne veut plus combattre. Il ne faut plus parler de combat, plus parler de pénitence, plus parler de renoncement, plus parler de mortification. Voilà le grand drame que l’Eglise subit aujourd’hui. On a déposé les armes. Alors le démon se trouve tout puissant parce que l’on ne le combat plus.

Il ne s’agit plus de parler de nos devoirs vis-à-vis de Dieu, vis-à-vis de Notre Seigneur et vis-à-vis de notre prochain. Non, il ne s’agit plus que des droits de l’homme.

Est-ce cela que Notre Seigneur nous représente sur sa Croix ? Notre-Seigneur nous demande de mépriser les richesses de ce monde. Or voilà que ceux qui devraient apprendre aux hommes à mépriser ces richesses, à aimer cet esprit de pauvreté, même s’ils sont riches, à vivre en pauvres, détachés des biens de ce monde, voilà que ceux qui devraient prêcher ces choses et prêcher Notre Seigneur Jésus-Christ, ne pensent qu’au partage des biens de ce monde et suscitent, par conséquent, l’envie dans les coeurs. Ils mettent dans le coeur des hommes la division, la lutte des classes, qui est précisément ce que le démon veut, pour détruire le monde et détourner les âmes.

La voie du Ciel elle est dans le Saint Sacrifice de la messe; elle est dans le Sacrifice de Notre Seigneur; elle est dans la Croix de Notre-Seigneur qui répand son Sang tous les jours sur nos autels. C’est par cette Croix que nous irons au Ciel. Il n’y a pas d’autre chemin; il n’y a pas d’autre voie de salut que la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est la voie royale du Ciel.