Des devoirs à rendre aux morts

24 Novembre, 2018
Provenance: fsspx.news

Le mois de novembre est traditionnellement consacré dans l’Eglise catholique au culte des morts et au soulagement des âmes du purgatoire. A cette occasion, l’Eglise multiplie non seulement les messes le 2 novembre, le jour des morts, mais encourage aussi les fidèles à honorer les sépultures et à faire dire tout au long de ce mois des messes pour leurs défunts. Des indulgences sont attachées à ces œuvres pies.

Or depuis plusieurs décennies s’est répandue, surtout dans les pays occidentaux, la pratique de la crémation des corps. Cet usage est opposé à la Tradition et prohibé par le droit de l’Eglise, au point de motiver ordinairement le refus des funérailles à ceux qui volontairement se font incinérer.

Le lecteur peut trouver sur FSSPX.Actualités deux articles parus en Suisse : l’un fut publié il y a vingt ans par l’abbé Philippe Nansenet et l’autre il y a bientôt cent ans. Leur actualité demeure… brûlante. 

Un article du cardinal Pie, le saint évêque de Poitiers, vient éclairer quant à lui la doctrine si consolante des indulgences. Défigurées par Luther et caricaturées par les protestants et les libres penseurs, les œuvres indulgenciées sont au contraire un moyen puissant de sanctification des âmes. Elles peuvent être gagnées pour les fidèles trépassés et manifestent la communion des saints.

Saint Augustin : des devoirs envers les morts

Le soin des funérailles, les conditions honorables de la sépulture, la pompe des obsèques, s’ils sont surtout une consolation pour les vivants, sont un juste hommage rendu aux corps des défunts, surtout ceux des justes et des fidèles, qui ont été comme les instruments et les vases dont l’âme s’est saintement servie pour toutes sortes de bonnes œuvres.

Si le vêtement et l’anneau d’un père, si quelque autre souvenir de ce genre, reste d’autant plus cher à des enfants que leur affection envers leurs parents est plus grande, il ne faut en aucune manière traiter sans respect le corps lui-même, que nous portons plus intimement et plus étroitement uni à nous que n’importe quel vêtement. Nos corps, en effet, ne nous sont pas un simple ornement ou un instrument mis extérieurement à notre usage, mais ils appartiennent à la nature même de l’homme.

Outre les soins funèbres, le respect dont on entoure les corps et la digne sépulture qui leur est donnée, le plus important reste l’affection, le souvenir et la prière, les suffrages qui viennent secourir les âmes des fidèles défunts après leur vie : lors même qu’en raison de quelque nécessité, l’on ne trouve point moyen, soit d’inhumer des corps, soit de les inhumer en quelque lieu saint, encore faut-il ne pas omettre d’offrir des supplications pour les âmes des morts. C’est ce que l’Eglise a entrepris de faire à l’intention de tous les chrétiens décédés dans la communion de la société chrétienne, et même sans citer leurs noms, par une commémoraison générale, en sorte que ceux auxquels font défaut les prières de parents, d’enfants, de proches ou d’amis, reçoivent ce secours de cette pieuse mère, qui est une et commune à tous les fidèles. 

Soyons aussi bien persuadés que, dans les solennités funéraires, nous ne pouvons faire parvenir du soulagement aux morts auxquels nous nous intéressons, que si nous offrons pour eux au Seigneur le sacrifice de l’autel, celui de la prière ou de l’aumône. Il est vrai que ces supplications ne sont pas utiles à tous ceux pour lesquels elles se font, mais seulement à ceux qui, au temps de leur vie, ont mérité de se les voir appliquées. Mais il vaut mieux offrir des suffrages superflus pour des défunts à qui ils ne peuvent ni nuire ni profiter, que d’en laisser manquer ceux auxquels ils sont utiles.

Chacun cependant s’empresse de s’acquitter avec ferveur de ce tribut de prières pour ses parents et ses amis, afin que les siens en fassent autant pour lui-même. Quant à ce qu’on fait pour le corps qui doit être inhumé, il n’en résulte point de secours pour le salut du défunt, mais c’est un témoignage humain de respect ou d’affection, conforme au sentiment selon lequel personne ne hait sa propre chair.

Il faut donc prendre le soin que l’on peut de l’enveloppe de chair laissée par un de nos proches, quand lui-même, qui en prenait soin, l’aura quittée. Et si ceux qui ne croient pas à la résurrection de la chair agissent ainsi, combien ceux qui croient ne doivent-ils pas faire davantage, afin que les derniers devoirs soient rendus de telle manière à ce corps mort, mais destiné à ressusciter et à demeurer éternellement, qu’on y trouve même, en quelque sorte, un témoignage de cette foi.