Coronavirus : nouvelles directives du 24 mars

1. Quels sont les secours de l’Église en ces temps d’épidémie ?

⇒ les secours habituels des sacrements : la confession, la communion, l’extrême-onction ;

⇒ des indulgences particulières pour ce temps d’épidémie1 :
aux fidèles atteints du coronavirus et soumis à une quarantaine dans les hôpitaux ou à la maison : une indulgence plénière aux conditions suivantes :
* la contrition parfaite, le détachement de tout péché ;
* l’union spirituelle à la sainte Eglise, par la sainte messe, même à travers les moyens de communication, par la prière du chapelet, du chemin de Croix ou autre dévotion, par la récitation du Credo, de Notre Père, du Je vous salue ;
* l’offrande de cette épreuve dans un esprit de foi ;
* la volonté de confesser ultérieurement des fautes graves qui n’ont pas pu être confessées à temps et de remplir les autres conditions habituelles pour le gain d’une indulgence plénière : la communion, les prières aux intentions du Souverain Pontife, dès que possible.

au personnel de santé, aux membres des familles atteintes qui s’exposent au risque de contagion en soignant les malades : même indulgence aux mêmes conditions.

aux fidèles qui font une visite au Saint-Sacrement, une adoration eucharistique, une lecture des saintes Ecritures pendant au moins une demi-heure ou récitent le chapelet, font le chemin de la Croix, le chapelet de la divine Miséricorde pour implorer de Dieu la fin de l’épidémie, le soulagement des affligés et le salut éternel de ceux que le Seigneur a appelés à Lui.

2. Que peuvent faire vos prêtres dans les prieurés de Suisse ?

⇒ Apostolat mis en place jusqu’à ce jour
• les sacrements ordinaires, avec toutes les précautions nécessaires édictées par la Confédération ;
• les messes et autres offices retransmis par nos différentes églises ou séminaires.

⇒ Envers les malades atteints par le coronavirus
• il est extrêment important de réaliser que les prêtres ne pourront probablement pas entrer dans les hôpitaux pour donner les sacrements ;
• il faut donc les contacter dès que des symptômes grippaux (fièvre, toux sèche, maux de tête ou de gorge) atteignent des personnes à risque : plus de 65 ans ou malades.

3. Que doivent faire les fidèles ?

⇒ Pour les fidèles malades ou âgés de plus de 65 ans
    • régler leurs directives anticipées (Patientenverfügung2 ) ;
    • nous avertir immédiatement en cas de symptômes grippaux (fièvre, toux sèche, maux de tête ou de gorge) pour que nous puissions les visiter avant une possible entrée à l’hôpital.

⇒ Pour tous les fidèles
    • bien évidemment observer toutes les consignes données depuis l’apparition de l’épidémie ;
    • nous faire part de possibles infections par le coronavirus dans la famille, même s’il n’y a que peu de risques (les enfants, les jeunes) ;
    • nous avertir immédiatement si une personne à risque de leur famille ou de leur entourage présente des symptômes grippaux.

4. Que doivent faire les malades atteints du coronavirus ?

⇒ S’ils font partie de groupes à risque
– nous appeler immédiatement, ne pas attendre ! Nos prêtres viendront leur dispenser les sacrements avant un possible transfert à l’hôpital ;
– si le prêtre ne peut venir avant l’entrée à l’hôpital, insister auprès du personnel hospitalier pour faire venir un prêtre (numéro d’appel central à Rickenbach : 062 209 16 16).

⇒ S’ils ne font pas partie de groupes à risque
– s’en remettre patiemment à Dieu et prier tout particulièrement pour ceux dont les symptômes sont sévères ou qui ont été victimes du coronavirus ;
– garder strictement la quarantaine.

5. Que faire si on ne peut pas se confesser avant d’entrer à l’hôpital ?

– Le Saint-Père a accordé la possibilité aux prêtres de donner l’absolution générale en raison de l’état de grave nécessité. Il se peut donc qu’un prêtre diocésain se trouve à l’entrée des services hospitaliers et accorde cette absolution, même par haut-parleur.
– Cette absolution même sans confession auriculaire est valide. Elle est prévue par le droit canon : « En danger de mort, tout prêtre a ce pouvoir, serait-il même devenu hérétique ou schismatique.3 »
– Les conditions pour la recevoir sont énoncées plus haut (question 1).

6. Et si on ne peut pas recevoir cette absolution générale de la part d’un prêtre diocésain ?

– L’Eglise prie pour ceux qui ne peuvent pas recevoir l’extrême-onction et le saint Viatique, en accordant aux fidèles sur le point de mourir une indulgence plénière, aux conditions suivantes 4 :
    • qu’ils soient dûment disposés ;
    • qu’ils aient récités quelques prières de leur vivant (l’Eglise compense les trois conditions habituelles requises) ;
    • pour obtenir cette indulgence, l’usage du crucifix ou de la croix est recommandé.

  • 1Décret et Note de la Pénitencerie Apostolique du 20 mars 2020. Cf. également Chanson, Pour mieux confesser, Editions Brunet, 1958, n° 277, p. 118 ; Naz, Traité de droit canonique, Letouzey, 1954, II, p. 173.
  • 2Ce document n’existe, à l’heure actuelle, qu’en allemand. Il est en cours de traduction.
  • 3Code de 1917, can. 882 ; nouveau code, can. 976 ; Jone, Précis de théologie morale catholique, Editions Salvator, 1941, n° 579, p. 298.
  • 4Décret de la Pénitencerie Apostolique du 20 mars 2020.